SCHÉMAS ET DIAGRAMMES

La définition

 

Des schémas pour tous les goûts

 

Serge Dufour, rédacteur, Multiscripta, chef de projets documentaires

15 avril 2019

Ils sont partout. Ils servent à toutes les sauces. Versatiles, de toutes les formes, au goût d’une culture de l’image, les schémas se retrouvent dans tous les champs de connaissance. On leur prête bien des vertus et elles sont souvent méritées. Les schémas sont des outils indispensables tant leur variété leur permet de remplir des rôles et fonctions bien définis.

Bien que nous puissions les reconnaître assez facilement, les définir se révèle un exercice plus ardu. Wikipédia les définit comme un « tracé figurant d’une façon simplifiée la disposition d’un bâtiment, d’un appareil, d’un organe, etc. Plan d’un ouvrage de l’esprit ou d’une entreprise, réduit à ses traits essentiels » (1).

Raison d’être des schémas

Les schémas visent avant tout à améliorer l’attention et la compréhension des personnes qui les consultent. Ils facilitent leur apprentissage et développent leur mémoire grâce à l’aspect visuel de l’information présentée et résumée.

Les schémas rendent explicites des informations abstraites et complexes. Ils permettent de mettre en relation des concepts à travers l’utilisation d’éléments graphiques. Leur usage permet de profiter au maximum de nos capacités cognitives en les utilisant en association (aspects analytique et synthétique de la pensée).

Bref, les schémas sont des résumés visuels. Ils concentrent des connaissances et nous permettent de se faire une idée générale. Ce qui nous aide à mieux assimiler les concepts qui y sont associés par la suite en les intégrant dans une structure simplifiée. Il s’agit d’aller à l’essentiel d’un sujet, d’un domaine, d’une idée, d’un champ de connaissance et d’en faciliter la compréhension.

Les types de schémas

La famille des schémas est vaste et présente souvent des frontières floues qui peuvent rendre l’exercice de leur classification assez éprouvant. Malgré cela, nous pouvons présenter les grandes catégories en fonction de ce qu’elles représentent. Ici, nous parlerons de 2 grands types : la représentation physique et intellectuelle. Ces deux grandes catégories sont définies à travers le degré de « réalisme » des éléments représentés.

Dans le cas des schémas physiques, nous retrouvons ceux qui représentent principalement des objets physiques, visibles. Quant aux schémas intellectuels, ils s’appliquent aux grandes sphères de connaissance propres aux sciences et aux techniques et font appel à des notions abstraites qui définissent les activités humaines.

Nous éviterons ici toute la classe des graphiques que nous avons réservés pour une autre série d’articles et qui comprennent principalement les graphiques statistiques

Les schémas physiques

Les schémas physiques (ou techniques) sont très variés et se distinguent en grandes catégories. Ils sont attachées à des domaines d’application comme la physique, l’ingénierie, la conception mécanique, la construction, le génie électrique, etc. Dans tous les cas, ils servent à décrire les principes de fonctionnement des objets (schémas de principe). Ou encore, ils représentent la structure des objets (dessin technique en génie, illustrations dans les catalogues de produits, etc.).

En général, les objets présentés dans les schémas sont réalistes et proportionnels à l’original. Ils sont accompagnés de symboles permettant de résumer l’information sur les interactions, les principes de fonctionnement, etc. La présentation du schéma se fait à l’aide d’illustrations décrites sommairement (traits simples, esquisses dessinées, etc.). Il est souvent illustré en deux dimensions, parfois trois.

La création de ces schémas fait souvent appel à des dessins, plans et illustrations déjà existants qui sont simplifiés afin d’en faciliter la lecture ou en préciser l’emploi. Comme exemples, on n’a qu’à penser aux schémas en génie, en mécanique, en construction, etc. C’est le bon vieux guide d’installation ou de montage

Les schémas intellectuels

Les schémas que j’appellerais « intellectuels  » sont variés et touchent à de nombreux domaines de connaissance : gestion, psychologie, entrepreneuriat, informatique, etc. Bien que la terminologie entourant tous ces outils soit parfois imprécise et que ce ceux-ci se recoupent à l’occasion, nous pouvons tout de même en identifier quelques-uns plus connus : schémas d’infrastructures informatiques, cartes heuristiques, schémas conceptuels, schémas de processus, logigrammes, etc.

Ces outils permettent avant tout de synthétiser des apprentissages, de l’information abstraite, des modes de fonctionnement ou la description d’activités. Bref, de simplifier notre point de vue sur des connaissances, des concepts en nous permettant d’en faciliter la compréhension (apprentissage, mémorisation, etc.). On les reconnaît surtout par leur graphisme qui réfère directement à des notions intellectuelles, abstraites et qui se retrouvent la plupart du temps « coincées » dans des boîtes et entourées de flèches, lignes et symboles en tout genre.

Parmi les types les plus connus, nous retrouvons :

  • le schéma de processus qui est défini comme « une manière graphique de représenter l’activité d’une entreprise, d’une partie d’une entreprise ou de tout type d’organisation une fois que l’on est en mesure d’identifier le client » (2);
  • le schéma conceptuel « (ou carte conceptuelle) [qui] est une représentation d’un ensemble de concepts reliés sémantiquement entre eux. Les concepts sont connectés par des lignes fléchées auxquelles sont accolés des mots. La relation entre les concepts s’appuie sur des termes exprimant celle-ci : « mène à », « prévient que », « favorise », etc. » (3);
  • et la carte heuristique, qui est un « schéma supposé refléter le fonctionnement de la pensée, qui permet de représenter visuellement et de suivre le cheminement associatif de la pensée » (4).

Le schéma de processus

Ce type de schéma représente bien la façon dont circulent des produits, des informations, par exemple, la façon dont les activités d’une organisation se produisent, expliquant les différents types de relation entre les tâches exécutées dans une catégorie d’activités et les personnes ou entités qui les exécutent.

Le but de cet exercice étant de mieux cerner les processus afin d’en connaître les forces et les faiblesses, d’améliorer la compréhension des personnes impliquées dans ceux-ci tout en permettant d’en améliorer le fonctionnement.

Ainsi, en mettant de côté les aspects secondaires d’un champ d’activités , il est possible d’identifier le fonctionnement général d’une activité et des tâches qui y sont associées. Ce qui permet de rendre plus transparent ce champ d’activité qui, autrement, serait plus difficile à appréhender. En séparant de façon logique les activités et tâches et en les reliant à l’aide de liens logiques simples (besoins liés : produits, temps requis, compétences demandées, décisions à prendre, rétroaction, etc.), il devient aisé d’en comprendre le fonctionnement et les limites, d’identifier les problèmes les plus importants et de trouver des façons d’améliorer celles-ci.

Comment on construit un schéma de processus

La conception d’un tel schéma peut se faire à l’aide d’un logiciel ou de maquettes papier. Elle demande une participation pleine et entière de toutes les personnes impliquées. Outre la méthode de travail qu’il faut implanter pour mettre à contribution les gens impliqués dans cet exercice, nous regarderons de façon sommaire les éléments qui permettent de créer votre propre schéma de processus.

Voici, présentées sommairement, les étapes à suivre pour la création d’une carte de processus :

  1. Identifier le problème
  2. Délimiter le processus dans le temps et dans l’espace
  3. Explorer toutes les activités qui seront impliquées et commencez à déterminer toutes les étapes toutes les personnes associées au processus analysé.
  4. Les détailler jusqu’au niveau désiré et identifier les éléments impliqués (personnes, services. etc.).
  5. Créer le schéma du processus manuellement ou à l’aide d’un logiciel en utilisant les conventions reliées aux formes utilisées : carré, rectangle losange et flèches, etc. Généralement, le choix des symboles, formes et autres éléments à utiliser ressemble à celui-ci : ellipses pour le commencement et la fin, rectangles pour l’activité, losange pour les décisions, etc.
  6. Par la suite , réviser la maquette avec les parties concernées et améliorer.

Est-ce que le processus est bien décrit. Les personnes concernées sont-elles d’accord avec? Y a-t-il des répétitions? Faut-il ajouter quelque chose?

Les applications du schéma de processus

Ils sont principalement utilisés dans les organisations afin d’améliorer l’efficience des activités. Que ce soit d’augmenter la productivité, de s’assurer d’un meilleur contrôle de la qualité ou simplement d’intégrer de nouveaux services, les schémas sont des outils stratégiques essentiels pour assurer le bon fonctionnement et la croissance des organisations.

Un exemple de schéma de processus

Nous retrouvons ici un processus de vote par courriel qui décrit l’ensemble des tâches liées à cette fonction. 

Le schéma conceptuel

Par la suite, nous retrouvons le schéma conceptuel. Ce type de schéma est un outil graphique qui permet de visualiser des relations entre concepts. Il représente un ensemble de principes exprimés autour d’un thème, d’une question, d’un problème. Ceux-ci sont présentés de façon hiérarchique (de haut en bas, de gauche à droite, etc.) et sont affichés dans des encadrés reliés par des lignes, des flèches. Du texte d’accompagnement et des symboles permettent d’exprimer les relations entre ces idées.

Le schéma conceptuel est un outil d’importance dans des domaines comme l’éducation, la formation ou tout domaine axé sur l’acquisition de connaissances. Il s’applique principalement à l’assimilation de connaissances déjà existantes, à l’acquisition de connaissances théoriques présentées hiérarchiquement (du général au particulier).

Comment on construit un schéma conceptuel

Les règles qui président à la conception d’un schéma conceptuel sont nombreuses et dépendent en partie des domaines auxquels il est associé. De façon générale, une fois défini le sujet principal de notre schéma, il importe de mettre en place la liste des concepts principaux et secondaires que l’on souhaite traiter. Cette liste peut être détaillée jusqu’au niveau souhaité. Par la suite, il faut positionner l’ensemble de ces concepts de façon à en préciser l’ordre hiérarchique. Tout en les précisant, il importe de relier ceux-ci à l’aide de liens pouvant être commentés pour en définir la nature et en indiquer le développement, du général au particulier. Les éléments graphiques utilisés ne sont pas limités et peuvent comprendre une variété de symboles, images, icônes, etc., le but étant d’en faciliter la compréhension.

Les applications du schéma conceptuel

Les schémas sont particulièrement liés aux techniques d’apprentissage et à l’éducation en général ainsi qu’aux moyens employés pour communiquer de grandes quantités d’informations dans le cadre, par exemple, de la vulgarisation scientifique.

Dans le cadre d’un processus d’apprentissage, la création de schémas conceptuels favorise :

  • l’intégration de nouvelles connaissances;
  • la découverte de nouvelles idées ou de nouveaux liens entre différents concepts;
  • facilite la communication des connaissances;
  • stimule la créativité des apprenants;
  • permet de faire une synthèse de connaissances déjà acquises.

Dans le cadre de la diffusion des connaissances, les schémas facilitent la synthèse et la mémorisation de celles-ci. Ils permettent d’améliorer la compréhension générale de domaines, de sujets d’étude.

Des exemples de schémas conceptuels

Ici, nous avons un schéma représentant les différentes formes d’apprentissage, du plus général au plus particulier.

Ce schéma présente les types d’impression numérique et les encres utilisées.

Le schéma heuristique

Et nous trouvons enfin les schémas heuristiques. Ce type de schéma, cousin du schéma conceptuel, est plus adapté pour le développement de nouvelles connaissances sur un sujet, pour la résolution d’un problème ou pour exercer notre créativité face à de nouvelles questions.

En ce sens, le schéma heuristique profite bien de la façon dont nos pensées fonctionnent. Il s’accorde aux processus naturels du cerveau, à la façon dont les pensées suivent leur cours lorsque nous réfléchissons librement à un sujet.

Comment on construit un schéma heuristique

La réalisation d’un schéma heuristique peut se faire à l’aide de logiciels spécialisés ou simplement sur papier. Sa construction suit un principe simple de diffusion des idées autour d’un concept, d’une question, d’un thème. Par la suite, il suffit de créer des ramifications permettant de détailler votre concept de façon à en décliner autant d’embranchements que vous le désirez. Pour cette raison, un certain équilibre doit être établi afin de vous assurer que votre schéma est toujours lisible et facile à interpréter. L’ajout d’éléments graphiques tels que couleur, type de police, images, symboles, liens de toute sorte viendra enrichir celui-ci.

Les applications du schéma heuristique

Les applications sont nombreuses et remplacent facilement la prise de note et la synthèse en permettant de faciliter la compréhension des concepts traités. Il est utile dans la plupart des domaines d’activité : affaires, communication, planification de projet, informatique, projets artistiques et culturels, etc. Qu’il s’agisse d’une activité de remue-méninges avec votre équipe, la présentation des sujets traités au cours d’une formation, l’analyse d’infrastructures informatiques, la réalisation d’un résumé de cours, les séances d’analyse pour la prise de décision, la clarification d’un projet naissant, et j’en passe, la carte heuristique représente de nombreux avantages.

 

Des exemples de schémas heuristiques

Ce schéma représente librement les différents parcours d’adaptation en milieu scolaire.

Ce schéma met en relation les interactions du comte de Monté Cristo, un exemple un peu plus étoffé qui montre bien l’efficacité de ce type de schéma.

Conclusion

Si une photo vaut mille mots, un schéma pourrait bien valoir mille idées. Leur utilisation s’étend à tous les domaines de la connaissance. Ils résument bien celle-ci et permettent d’améliorer les apprentissages. Ils nous économisent du temps et nous donnent que de bonnes raisons de les utiliser. Que ce soit à l’intérieur d’un processus complexe visant à améliorer les organisations ou que ce soit dans le but de présenter de nouvelles idées, les schémas sont des incontournables et ne demandent qu’à être mieux connus et utilisés encore plus souvent. Leurs vertus sont innombrables et ils sont souvent à l’origine de cette satisfaction de nombreux lecteurs et apprenants qui s’harmonise si bien avec l’expression : Eureka!

 

Références 
1. Il importe de consulter un conseiller juridique pour évaluer les risques associés à l’utilisation des formulaires.
2. Entre autres, le standard SGQRI 008-02 sur l’accessibilité d’un document téléchargeable. Voir à l’adresse : https://www.cspq.gouv.qc.ca/faire-affaire-avec-le-cspq/famille-de-services/sous-famille-de-services/services/service/accessibilite-des-documents-telechargeables/?no_cache=1
3. De nombreuses autres options restent à découvrir et feront l’objet d’autres articles.

Serge Dufour

Serge Dufour

Technicien en documentation, technicien informatique et gestionnaire de projets chez Multiscripta

 

________________________________________

Passionné par la recherche de solutions documentaires, je cherche constamment à trouver des moyens uniques de résoudre les besoins en information des organisations, entreprises et professionnels d’ici. Le traitement de l’information et sa présentation visuelle sont au cœur de tout ce qui me passionne. Écrire dans un blogue est une façon pour moi de partager cette passion avec tous ceux et celles qui la vivent dans leurs activités de tous les jours, comme défi, comme problème et comme motivation dans leur besoin de s’améliorer en tant que personnes et organisations.

Vous voulez en savoir plus sur notre entreprise?

Nous sommes une entreprise de secrétariat technique qui vise à assister votre entreprise dans sa recherche de ressources. Nous pouvons vous assister dans vos tâches administratives et cléricales, pour le traitement et la création de vos documents d’affaires, pour vos besoins en recherche d’information. Vous êtes à la la recherche de partenaires, de ressources supplémentaires, temporaires, de compétences que vous n’avez pas à l’interne, faites appel à notre équipe. Communiquez avec nous et voyez comment nous pouvons vous assister.

15 + 13 =

Avis légal : Nos articles sont présentés en tant qu’information générale. Il ne s’agit pas d’avis juridiques, d’avis concernant un domaine ou une profession réglementée. Nos articles sont présentés uniquement en tant que source d’information générale et moyens de vulgariser les domaines de connaissance qui touchent l’ensemble de nos services. S’il y a lieu, vous êtes invités à consulter la législation pertinente et les professionnels qui y sont associés si vous avez l’intention d’utiliser l’information contenue dans nos pages. 

Catégories

Vous voulez recevoir nos plus récents articles?

Inscrivez-vous!